2012/06/08

Les enfants sont formidables

"Les enfants sont formidables" comme disait l'autre.



C'est assez vrai la plupart du temps. J'adore quand Junior nous sort des réflexions totalement décalées (encore que, pas toujours aussi décalées que ça), et quand il nous pose des questions qu'on ne s'était jamais posées, on rame d'ailleurs assez souvent pour trouver une réponse à sa portée (maman, comment mon p'tit frère il est arrivé dans ton ventre ? - euuuuh...)

Dernièrement il m'a demandé si sa chérie aurait des tétés quand il se marierai avec elle, à 7 ans (allez savoir pourquoi, il considère qu'à 7 ans, on est drôlement vieux, et surtout bien assez vieux pour se marier), et puis il nous a dit hier qu'il trouvait un monsieur très beau parce qu'il était bien coiffé (bon en l'occurence, le type était chauve, on n'a pas bien compris) mais on a bien senti chez lui l'importance d'être bien coiffé en toute occasion, lui qui a à peine 1cm de cheveux sur le crâne se passe régulièrement la brosse avant de venir nous dire à quel point il est beau (mon fils, narcissique ? boh).

Il a aussi des idées farfelues, il aime bien nous préparer des repas en pate à modeler qu'il nous sert dans sa dinette, des plats à base de vanille, de saucisses, de sel, de poivre et de confiture. Souvent aussi, on cuisine tous les deux. Je mets les ingrédients dans le plat, et lui mélange. Il voudrait bien essayer des tas de trucs, comme d'ajouter un peu de crème au chocolat juste pour voir si c'est bon (oui, ok, mais pas dans le gratin de courgettes). D'autres fois j'encourage ses fantaisies culinaires. L'autre jour, je nous fait du fenouil en entrée. Il insiste pour mettre de la "sauce de gaufre" dessus. On cherche un bout de temps et on fini par comprendre : il veut du sirop d'érable. Bon on commence par lui expliquer que ça ne va pas le faire, et puis au bout d'un moment, je me dis "après tout, on n'a jamais essayé, si ça se trouve, c'est pas mal" (notez l'esprit aventureux). Et on essaie. Et c'est pas mal. La prochaine fois je l'écouterai un peu mieux (tu seras cuistot mon fils).

Bon mais des fois, les enfants, c'est moins formidable. Comme ce matin, quand j'appelle pour annuler un rendez-vous sous prétexte que Junior a mal au ventre (ce qui était vrai à 8h, lui faisant rater l'école. Ce qui est beaucoup moins vrai à 9h30 quand j'appelle). Forcément, au moment où j'explique que mon fils est patraque et que je préfèrerais remettre à lundi, il me demande bien fort "mamaaaan, je peux prendre le pain au chocolaaaaaaaat ?" Ahem. Voilà voilà.
Quand il montre les gens du doigt dans la rue et me dit "t'as vu la dame elle a une cigarette, elle va sentir mauvais et être malade" (prévention, t'as vu), généralement, la dame en question me fusille du regard (huhu, euh bonjour ?), quand il fait la même chose au supermarché "t'as vu la dame elle a un bébé comme toi dans son ventre !
- euh non Junior, la dame elle a pas de bébé...
- ah bon ??? ben elle a quoi alors dans son ventre ?
- euh... je sais pas, allez viens on va choisir les yaourts...

Voilà voilà...

Formidables on a dit...

E.

2012/06/03

Galettes de courgettes

Tiens ça fait longtemps que je n'ai pas posté de cuisine par ici...

Oui j'ai un peu arrêté mes menus du mercredi... C'est à dire que depuis quelques semaines, je cours un peu partout pour emmener Junior à l'école, le ramener, emmener Chéri chez son kiné (il s'est fait refaire le genou), le ramener, faire les courses, les ramener... Du coup, la cuisine est devenue assez basique, je vais au plus rapide.

Ajoutons à cela ma neuneutitude qui me fait acheter des courgettes, les oublier en bas du frigo et racheter des courgettes 3 jours après, ça nous donne qu'en ce moment, on mange de la courgette à presque tous les repas. D'où une certaine lassitude de mes deux hommes, d'où la recherche d'un truc un peu plus original.

J'ai trouvé une recette de galettes, que j'ai un peu arrangé à ma sauce :

Galettes de courgettes

Ingrédients :
275g de courgette
2 oeufs
2 càs de lait
100g de farine
1 càs de parmesan rapé
quelques lanières d'oignon
une pointe de couteau de piment d'espelette
sel, poivre, origan

La photo n'est pas de moi, j'ai pris l'image la plus ressemblante à mes galettes sous google.

Couper la courgette en petits cubes (j'ai utilisé le coupe-frites, ça va super vite du coup), les saler et les faire revenir quelques minutes à la poele dans un fond d'huile d'olive.

Dans un pot, mélanger ensemble tous les autres ingrédients. Y ajouter les courgettes et à l'aide d'une cuillère ou d'une louche, verser de petites galettes dans la poele sur feu moyen à fort. Les faire cuire 30 secondes - 1 minute de chaque côté et les manger aussitôt.

Je n'ai pas pu les prendre en photo, parce que j'écoute mes propres conseils et qu'on les a donc mangées aussitôt... J'ai cependant eu droit à "mmmmh maman c'est très très bon !" et ça, ça vaut toutes les critiques culinaires du monde.

E.

ps : l'adresse du blog dont l'image est issue : http://auxpetitsoignons.canalblog.com/

2012/06/01

Je suis une gentille

Je peux l'affirmer sans rougir, parce que j'en suis assez fière, et aussi parce que je crois que je ne saurais pas faire autrement. Je sais que plein de monde se moque des gens comme moi, aujourd'hui, ne pas marcher sur les pieds des autres, c'est une preuve de faiblesse. Faut s'affirmer qu'il parait. Et on ne peut pas s'affirmer sans marcher sur quelqu'un d'autre qu'il parait.



Je ne sais pas si ça me vient de mon éducation (très probablement)(j'ai rarement entendu mes parents crier sur qui que ce soit, et les rares fois où mon père s'est énervé (après nous ou pas) on n'en menait vraiment pas large mes frangins et moi). Des faux calmes il parait. En fait, on engrange jusqu'à exploser. C'est pas forcément une bonne façon de faire, mais c'est comme ça qu'on fonctionne.

Enfin c'est une chose de ne pas s'énerver, c'en est une autre de se montrer courtois et serviable. Or je suis plutôt serviable et courtoise, justement. Parfois plus que je ne le souhaiterais, mais je ne suis pas non plus une oui-oui pathologique.

Bref, ce matin, en emmenant Junior à l'école, j'ai vécu trois scènes qui m'ont rendue franchement triste :

Scène 1 : le bouchon de feutre

Rien de bien méchant, on est tout un amas de parents et d'enfants devant la porte de la classe et ça se bouscule un peu pour entrer, se déshabiller et faire des bisous en même temps. Une petite me pousse assez durement pour attraper un feutre et entourer son nom sur la liste des gamins qui mangent à la cantine. Elle a deux ans, c'est pas très très grave. Sa mère est juste devant, la voit faire et ne lui dit rien. Bon là déjà ça me dérange un peu plus. Le bouchon du feutre tombe par terre, à mes pieds. Je le ramasse et le tend à la petite. Elle ne sait pas quoi faire et se tourne vers sa mère, qui semble tout aussi démunie (bah quoi ? fallait que je shoote dedans en riant ?). Elle me le prend des mains, même pas merci, avec un regard de mi-dédain, mi-méfiance, comme si j'allais enlever sa fille parce que je lui ramasse son bouchon de feutre. Bon la gamine a fini et le suivant à entourer son nom, c'est mon Junior. Il est là devant la feuille, à attendre sagement son tour, regardant cette maman et attendant visiblement qu'elle lui donne le feutre.

Eh bah non. Elle a appelé son autre gamine, qui était de l'autre côté du préau et avait autre chose à faire, faisant poireauter tout le monde en attendant que son altesse daigne venir faire un rond elle-même autour de son prénom. Et plutôt que de tendre le feutre une fois fini, elle le rebouche et le repose sur la tablette. Chacun sa merde hein.

Scène 2 : la porte

Quelques secondes après cette scène, après avoir donné une instruction à la maîtresse pour la cantine (Junior n'aime pas le fromage, et comme la cantine c'est un peu chez mémé (ils doivent être 20 et ont des moyens assez limités) j'ai fourni un yaourt à boire que Junior ne pensera jamais à sortir de son cartable), je me dirige vers la porte d'entrée de l'école. Une bande de maman arrive, je leur tiens la porte. Elle entrent, discutent, appellent les autres mamans, et moi je tiens toujours la porte. Je ne peux pas la lâcher, sinon elles vont se la prendre dans le dos, et je ne suis pas une violente. Bon sauf que je n'ai pas non plus l'intention de faire portier toute ma vie, et que l'autre maman m'a déjà gonflée, donc ça serait gentil que quelqu'un prenne le relai.

Eh bah non. Il a semblé établi que j'étais là, avec mon gros bedon (enceinte de presque 7 mois, ça se voit un peu quand même) à tenir la porte pour tout le monde. Et vas-y que je discute, et vas-y que je prend mon temps, pas un bonjour, pas un sourire, pas un merci.

J'ai fini par lâcher la porte, chuis pas non plus une sainte, même si j'ai eu un pincement à me dire que c'était pas très gentil d'envoyer la porte dans le dos des gens. Incorrigible.

Scène 3 : la voiture

Je retourne à ma voiture, sur le parking. Une grosse camionnette de carreleur arrive à ce moment-là, mais il n'y a plus de place sur le parking. Je monte en voiture, je me doute qu'il va vouloir prendre ma place et fais en sorte de lui laisser sans tarder.

Il faut croire que je n'allais encore pas assez vite pour lui, et il gare son fourgon juste derrière ma voiture, laissant à peine la place pour que je manoeuvre. Il est visiblement pressé, parce qu'à peine arrêté, il sors et s'en va. Non mais franchement, il m'a vue monter, et s'il n'avait pas le temps d'attendre que je parte, il pouvait au moins se garer deux mètres plus loin pour me laisser bouger non ?

Eh bah non. J'ai du faire 4 manoeuvres en grommelant pour sortir de là, en me disant que je ferais mieux d'aller vivre en ermite et d'arrêter de croiser des gens aussi cons de bon matin.

Je sais bien que ce ne sont pas des choses graves, mais ces petites incivilités au quotidien m'usent à vitesse grand V. Il n'est pas question que je m'endurcisse, et mon éducation fait que je ne leur dirais jamais rien à moins d'un cas vraiment grave (ou d'une trop grande accumulation, vous savez, l'histoire d'engranger puis d'exploser) et je souffrirais bien trop de prendre leur exemple. Alors qu'est-ce que je fait ?

E.

2012/05/25

Towel Day

Oui, aujourd'hui, vous le savez sans doute pas, mais c'est le Towel Day.

Towel = serviette pour les non anglophones

Alors qu'est-ce donc que le Towel Day ? Vous voulez dire à part un rassemblement relativement underground de gens azimutés et fichtrement rigolos trimbalant avec eux une serviette plus ou moins propre ?

Bon tout d'abord, pour comprendre, il vous faut quelques outils.

Il faut déjà avoir lu les 5 tomes de la trilogie (si si) du Guide Galactique de Douglas Adams, et par pitié, trouvez-vous une traduction qui date d'avant 2005 (une de Jean Bonnefoy par exemple, qui est juste un excellent traducteur) et donc d'avant la sortie du film H2G2 qui est, soyons francs, un gros nanar. Pourquoi ? parce qu'on a jugé bon à l'époque de ressortir les livres d'origine (excellente initiative en soi) mais avec une nouvelle traduction qui ne prend pas du tout en compte les jeux de mots hilarants (si vous avez une once d'humour s'entend) et ne traduit pas les noms des personnages et autres planètes mais les redonne tels quels, en anglais, et vu qu'on n'est pas tous de grands anglophiles, on ne comprend pas  nécessairement toute la subtilité et la drôlerie de tout ça. Bref, on passe à côté de la moitié de l'intérêt des bouquins, et ça c'est tellement un crime que si vous les lisez quand même comme ça je vous cause plus.

Ensuite, il vous faut une petite compréhension de l'humour anglais. Voire il faut adorer ça. C'est pas complètement nécessaire, mais si vous voulez comprendre pourquoi le Towel Day est important, il vous faut comprendre ce détachement et cet amour du ridicule assumé. Je vous conseille le visionnage d'un ou deux Monty Python, ça ne pourra que vous faire du bien.

Allez un petit bout pour le plaisir :


Bon déjà si vous avez ça, c'est bien.

Ensuite, bien sûr, il vous faudra une serviette. Quant à comprendre l'intérêt pour les serviettes, ça ne pourra venir qu'une fois que vous vous serez imprégné de tous les éléments sus-cités. Je regrette, mais c'est quand même un peu une fête pour initiés.

Ah oui parce que le Towel Day c'est une fête ! D'ailleurs on a programmé plein de choses à Paris et à Lyon (et peut-être ailleurs, mais je n'en ai pas entendu parler)

Dans la câpitâle, parce exemple, c'est organisé par le Grand Ordre de la Serviette (GOS). Voici le programme des festivités (ça se passe à Epitech) :

11h : ouverture de la salle et diffusion du film H2G2 (z'auraient pu s'en passer à mon humble avis, mais bon)
13h : conférence (si si) sur le H2G2 par Nicolas Botti du GOS
14h : Scènes théâtrales improvisées, cosplay, concours de la plus belle serviette (yooouuuhhh)
15h : Conférence sur le 42 par Nicolas Botti (toujours le même) (ah oui alors pour comprendre cette histoire de 42, c'est toujours pareil, hein, faut avoir lu les bouquins)(et après ça vous ne regarderez plus les souris de la même façon)
16h : goûter tea and jelly (miom)
Et toute la journée une expo-vente d'objets dérivés H2G2

Ensuite, aux arènes de Lutèce, vous avez les jeux olympiques de la serviette, et rien que le titre donne envie d'aller voir. (j'espère seulement qu'ils n'ont pas d'épreuve d'hyper cricket pèlerin *)



C'est quand même super zut que je n'y sois pas, sois dit en passant, parce que, oui, tout me botte à fond (chuis une nerdette, faut pas croire)

A Lyon je n'ai pas le programme, mais ça doit être au moins aussi foufou !

Allez, aujourd'hui, tout le monde avec sa serviette !

E.

* Il y a des milliers de millions d'années, une race d'hyperintelligences pan-dimensionnelles (dont la manifestation physique au sein de leur propre univers n'était pas fort différente de la nôtre) en eut tellement marre de ces querelles qui interrompaient sans cesse leur passe-temps favori, l'hyper-cricket-pèlerin (un jeu curieux où les gens se tapent soudain dessus sans raison immédiatement apparente, avant de détaler à toute vitesse), qu'elles décidèrent de s'asseoir un moment pour résoudre leurs problèmes un bonne fois pour toutes.
Et à cette fin, elle se construisirent un stupéfiant superordinateur si fantastiquement intelligent qu'avant même d'être raccordé à ses banques de données, il en était, en partant de : Je pense donc je suis, déjà parvenu à déduire l'existence du gâteau de semoule et de l'impôt sur le revenu avant qu'on ait eu le temps de l'éteindre. (Douglas Adams, Le guide du voyageur galactique)

2012/05/16

J'ai craqué...

J'ai commandé "un peu" de tissu pour mes broches...

Avouez qu'ils sont trop choupinous tous ces coupons !

C'était pas la fameuse marque de chaussures sur internet, mais j'ai crié pareil quand le facteur est arrivé ! Trois jours que je guette son arrivée comme une gamine au pied du sapin.

Bon avec ça j'ai de quoi faire deux-trois fleurettes (847 exactement), ça devrait m'occuper quelque temps (ça et puis un projet d'une amie en cours depuis près d'un an, et que j'avais oublié... la honte internationale, quoi...).

Bon mais enfin gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii tout ce tissu !!!

E.

2012/04/26

De l'auto-censure

J'ai longtemps hésité à écrire ce qui va suivre (même si à ce stade je n'en ai encore qu'une vague idée), parce que je m'auto-censure. S'il y a bien une chose que j'ai du mal à gérer, c'est de créer du conflit. J'en ai parlé il y a quelques semaines, je crains beaucoup de devenir la cible du déchaînement des idées, même si la plupart du temps ça ne me freine pas pour dire ce que j'en pense, mais ça me fait souffrir quand même (suis maso).

Cette fois c'est différent, parce que je sens une véritable violence latente dans tout ce que je lis, et je ne tiens pas tellement à mettre le doigt dedans. Le débat est d'une virulence sans égale et ça m'effraie.

Je pourrais ne pas écrire cet article et rester songeuse dans mon coin, mais ça m'ennuie de ne pas dire ce que j'en pense, et j'estime que j'en ai le droit (pour le moment). Je n'ai pas l'âme d'un Gandhi, mais je préfère autant que tout le monde reste non-violent (si c'est pas trop demander)(merci de garder cette requête en tête jusqu'à la fin de l'article)(pas taper).

Ceci n'est qu'une illustration, elle ne reflète pas mes opinions (ni le contraire) (pas taper).

Depuis quelque temps, et surtout depuis les résultats du premier tour, j'ai l'impression que le monde s'emballe. En face de chez moi les colleurs d'affiche se livrent une bataille sans fin, la tête du gars sur le papier change tous les jours, ils arrachent l'affiche précédente, lui crèvent les yeux, taguent "escroc" dessus, avant de coller leurs propres affiches, il y a un tas de papier pourrissant au pied du mur, ça devient vraiment n'importe quoi. Comme si les gens allaient se décider en fonction du dernier à rester affiché sur le mur. Comme si on avait besoin de voir la tête de l'un ou de l'autre pour se prononcer.

Je n'ai pas l'impression d'être un lemming, je n'ai pas l'impression que les gens autour de moi soient si stupides.

Pourtant je vois partout, dans des blogs, sur facebook, à la télé, des gens qui font clairement de la propagande. Je ne vois pas comment on peut appeler ça autrement. Ca va dans les deux sens, aucun n'est épargné, mais plutôt que d'expliquer ce qu'on compte faire, on s'escrime à démontrer que l'autre candidat est un monstre assoiffé de sang, incompétent et uniquement intéressé par le poste.

Les deux.

Tout pareil.

Ca pourrait me faire rire, autant de mauvaise foi et de prenez-nous-pour-des-cons, mais ça m'inquiète. Ca m'inquiète parce que ça prend des proportions délirantes. J'ai lu hier cette histoire de biscuits, des gens qui se lancent des yaourts à la tête parce qu'ils n'ont pas les mêmes idées politiques ? non mais sérieusement ?

Je vois sur facebook des images, des textes, des deux bords (oui je me félicite d'avoir des amis des deux bords, même si je pleure à l'idée que si je les invitais tous à diner ils finiraient par se foutre sur la gueule, et ce malgré ma forêt noire de folie (qui volerait sans doute dans le salon)(quel gachis)) et ça me fais peur. Je n'ose pas aborder le sujet avec eux, je n'ose pas donner mon avis, surtout que des avis, j'en ai peu, la politique, franchement, ça m'intéresse à peu près autant que les résultats de la dernière course de Vincennes, mais je me demande à quel point ils croient en ce qu'ils publient ou relaient. A quel point ils sont "à fond dedans" et si cela ne me montrait pas une image d'eux que je ne connaissais pas (et que je n'avais pas particulièrement envie de connaître).

Dans les médias, les blogs, les journaux, on trouve des infos sans fondement apparent, des chiffres sans source, qui servent juste à s'exciter, quitte à se battre physiquement pour faire rentrer ça dans le crâne des autres. On n'en a pas encore entendu parler, mais ça ne m'étonnerait pas qu'on en arrive là. Un peu comme des supporters de foot : mettez un type d'un bord tout seul au milieu d'une foule de l'autre bord et le type ressemblera davantage à la pâté pour son chien qu'à un être humain à la fin de l'acte.

J'ai hésité pour cette image que j'ai mise en illustration. J'avais peur qu'on me catalogue dans un camp ou dans l'autre et que se déchaînent les foudres de ceux qui se sentiraient visés. C'est toujours le cas (j'ai toujours peur je veux dire) mais j'assume, ce n'est qu'une vieille affiche de propagande, et elle illustre mon propos. Elle l'illustrerait encore meux si justement les foudres se déchaînaient. (attention, je ne le souhaite pas hein, pas taper).

Ce qui me désole, c'est que sans s'y intéresser particulièrement, c'est à dire en survolant les infos, en subissant les phrases chocs qu'on nous ressort à toutes les sauces, on n'arrive pas à savoir ce que chacun propose. Je n'ai pas reçu la fameuse enveloppe marron qui était sensée m'expliquer les programmes, et de toute façon, je doute qu'on puisse retrouver dans les assiettes ce qu'il y avait d'écrit sur le menu. A chaque fois c'est la même chose, on commande un prince des mers en manteau de pourpre et on se retrouve avec une sardine à la tomate. Mais ce que je retiens de tout ce fouillis, c'est que d'un bord ou de l'autre on pense que l'autre, il est trop nul. Et on va vous montrer à quel point il est trop nul.

(Votez pour moi).

(Je suis nul aussi, mais quand même l'autre est vachement plus nul que moi).

C'est désolant. J'aurais préféré trouver ça déso-pi-lant, mais non. Ca me navre qu'on prenne à ce point les gens pour des crétins.

Non en fait ce qui me navre, c'est que les gens le soient vraiment (des crétins).

Non en fait ce qui me navre le plus, c'est d'écrire un article édulcoré et pesé, parce que j'ai conscience de marcher sur des oeufs et que je ne cherche pas la confrontation (chuis pas une âme courageuse, on l'aura compris). Mais dans le même temps, j'estime que mon droit d'expression est indirectement brimé par l'ambiance foireuse qui fait que je m'auto-censure pour préserver ma tranquilité.

Je crois que c'est ça qui me navre et me fait le plus peur, parce que la liberté d'expression, réelle ou ressentie, me semble être importante pour la prise de température d'un pays. Si elle baisse, et qu'on ne se sent plus libre de dire ce qu'on pense, ce n'est généralement pas bon signe.

Bon et puis j'aurais pu aussi me foutre de la gueule des journaliste politiques qui sont devenus des machines à petites phrases et dont les questions sont au niveau du débat général, mais on serait repartis pour un (deuxième) tour, et je trouvais que ma conclusion n'était pas si mal alors on va s'arrêter là...

Quand même, vivement que ça soit fini tout ça.

E.

2012/04/05

Recette de la semaine

Hier midi, quand Chéri d'Amour est arrivé de son boulot pour manger, je n'avais rien préparé [booooouuuuh fait le public](crotte de sanglier, j'étais en train de bosser, lui dis-je au public)(parait que le sanglier est vachement à la mode dans les insultes chez les jeunes)(j'essaie de faire jeune, voyez). J'ai donc dû faire mes petits plats du mercredi un jeudi, ce qui ne dérange finalement pas grand monde, je crois.

En entrée, nous avions une salade romaine aux trois saveurs. La recette me vient d'un petit bouquin que je tiens de je-ne-sais-où, peut-être un supplément d'un magazine quelconque, qui s'appelle "Salades d'été". Notez qu'on peut aussi les faire au printemps, ces salades, c'est pratique.

Les trois saveurs en question étaient poire, pastèque et gorgonzola. Bon la pastèque, en ce moment, on en trouve peu, et d'ailleurs même en été, c'est pas gagné par chez moi, j'ai donc remplacé par du melon (c'est pas la saison beugle le public)(zut, lui r'éponge, on trouve des melons antillais tout à fait délicieux en ce moment).

J'en ai profité pour dégainer un objet dont je me sers environ tous les deux ans tellement c'est un truc utile : la cuillère à boules de melon.

Ca donne des trucs un peu bizarres :

Et encore, j'ai optimisé les pertes

Et puis je me suis tellement amusée à faire des bouboules que...

Ca a donné une salade de bouboules...

Bon par contre, dans mon monde, faire des boules avec du gorgonzola, c'est pas vraiment faisable, mais si on regarde vite fait, ça va.

Une salade sans salade, vu que chéri d'amour n'aime que les endives, et que des endives, y'en avait déjà dans le plat. J'ai ajouté quelques feuilles de basilic hachées dessus, et hop-là.

Verdict : C'était bon, mais sans plus. Chaque élément séparément était très bien, (sauf peut-être le gorgonzola qui n'avait pas énormément de goût), celui-ci allait bien avec le melon, mais la poire n'apportait pas grand-chose à l'ensemble. Une entrée rafraichissante quand même (mais vu le temps qu'il fait en ce moment, on n'en avait pas tellement besoin).

Pour le plat, c'était jarret de veau aux endives.

La recette me vient du livret de la cocotte-minute que Beau-Papa nous a donné, et qui date d'au moins tout ça (la cocotte, pas Beau-Papa)(Beau-Papa date d'encore plus, puique c'était déjà sa cocotte depuis longtemps)(mais ça se dit pas quand même...)(notez qu'on savait faire du matos solide et durable à l'époque)(enfin je dis ça je dis rien). Cette recette-ci a été faite par Gérard Besson, de Paris, qui avait une bonne tête de vainqueur (j'espère que ça s'est amélioré depuis).

Rooh on avait dit pas les habits...
Donc, le jarret de veau aux endives :

Ingrédients :
4 morceaux d'osso-bucco
1 oignon
3 carottes
1 verre de vin blanc (ou de bouillon-cube dilué dans l'eau si comme moi vous n'avez pas de vin blanc)
2 endives

Faire chauffer l'huile dans la cocotte (Sensor de Seb), et faire dorer les morceaux de viande sur toutes les faces. Ajouter l'oignon et les carottes coupés en lamelles dans la cocote (Sensor de Seb), ajouter du sel et du poivre et le verre de vin blanc et laisser mijoter 2 à 3 minutes. Ajouter les endives entières (ou coupées en deux selon leur grosseur) sur le dessus, fermer la cocotte (Sensor de Seb) et faire cuire 10 minutes à partir du chuchotement de l'appareil (qui est une cocotte Sensor de Seb)(si on oublie la marque de la cocotte en cours de route, c'est pratique, on nous le répète toutes les deux phrases).

Verdict : C'était la première fois que je faisais cuire de l'osso-bucco, et ma foi, c'était très bon ! les carottes ont bien pris le jus, ce qui leur a donné un goût extra, les endives un peu moins, mais c'est parce qu'elles étaient sur le dessus, la viande était toute raccornie, mais bien cuite (elle ressemblait à la photo du livre, donc c'est que c'était bien), et tout le monde (même Junior) s'est régalé.

Deux morceaux pour Chéri d'Amour, il fallait bien ça.

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, on peut même ajouter que c'était une réussite. Au menu de la semaine prochaine : poulet gourmand et saumon parmentière.

E.